Stanislas Cotton

Auteur dramatique et romancier

Presse

Par ici, découvrez ce que l’on dit de « Le Roi bohème » – Le Lucernaire – Paris – Juin 2015

« Le clown met tout à distance »
Il est toujours intimidant et risqué de rencontrer un artiste que l’on admire, dont l’œuvre nous émeut. Sera-t-il à la hauteur de son art ? Aussi généreux que ses textes ? Nous avons eu la chance de recevoir Stanislas Cotton un bel après-midi d’automne, autour d’une bouteille de Croze-Hermitage et de saucisses de Morteau. L’homme s’est révélé aussi beau que sa plume…
Stanislas Cotton - Frédéric ChaumeDans l’œuvre de Stanislas Cotton, le thème qui nous a le plus frappés par sa récurrence est la figure du clown. Qu’elle apparaisse dans les titres, qu’elle en soit le personnage principal, ou que les situations burlesques dans lesquelles se retrouvent les personnages y renvoient, nous avons souvent pensé à l’univers du cirque ou de Jacques Tati en lisant Stanislas Cotton.

« Mon monde farfelu a des parentés, mais ce n’est ni voulu ni cherché » nous a-t-il répondu. La Gêne du clown (1), par exemple, est une mention fortuite. Alors qu’il était à une rencontre avec des élèves de l’Est parisien, un adolescent, profitant d’avoir un homme de lettres sous la main, lui demanda : « Mon père me dit tout le temps que j’ai la gêne du clown, vous savez ce que ça veut dire ? ». L’expression lui a plu et elle est devenue le titre d’une œuvre dont l’ouverture comique cache un sujet des plus sombres… (la suite ici)

 

 

 © Frédéric Chaume

LA GÊNE DU CLOWN
« Bobby Dick, fonctionnaire tatillon mais exemplaire, rentre chez lui après sa journée de travail. Dans le hall d’entrée de son immeuble, il rencontre Philomène Planchapain, sa concierge, qui, souffrant de solitude, balaie en tripotant ses fantasmes, et notamment, celui de passer quelques minutes brûlantes en compagnie dudit Bobby. La pluie, le beau temps, la grippe et ses microbes s’installent dans leur conversation –ainsi qu’un certain nombre de quiproquos – et puis, également, ce bruit plaintif qui agace les oreilles du fonctionnaire, un bruit incessant qui vient tout droit de la loge de la concierge. Mais Philomène ne semble pas pressée d’y jeter un œil. Finalement, Bobby Dick s’enquiert d’Andromède, sa chère nièce, qui doit être rentrée de l’école et doit certainement l’attendre. Mais Philomène l’informe qu’elle ne l’a pas vue passer la porte… C’est alors que – diable sortant de sa boîte – apparaît Andromède, ainsi que son cartable, son manteau, un livre scolaire, des objets qui se brisent, un revolver… Il semble bien que la nièce de Bobby Dick ait un certain nombre de choses urgentes à dire ».

FANTASTIQUE ! Voilà ce que j’ai pensé de « La gène du clown » en sortant du théâtre des Martyrs. Tout, dans cette pièce, vaut à mon sens le détour.

Le texte de Stanislas Cotton tout d’abord : le dramaturge belge, dont l’écriture est souvent nourrie d’une dimension sociale et politique, livre ici un témoignage insolent, à la fois grotesque et poignant. Préférant la vérité qui dérange au mensonge qui rassure, il aborde un thème difficile, celui de l’inceste, mais avec originalité, en mêlant humour et effroi. Avec son écriture résolument contemporaine, Stanislas Cotton fait voler en éclats toute représentation classique du tragique

L’intelligente mise en scène de Georges Lini ensuite, qui défend un « théâtre politique »,engagé, ancré dans l’humanité. Il s’efforce de porter un regard lucide sur les êtres humains, y compris leurs bassesses, leurs mesquineries, leurs mochetés, et de faire voler en éclats le miroir de déni devant lequel nous nous posons. Passant avec agilité et finesse du clownesque au drame, de la pantomime à la tragédie, la mise en scène nous met aux premières loges de l’intimité des quelques habitants d’un immeuble. De là, nous allons pouvoir observer le vernis des convenances se craqueler, les fausses vérités se faire balayer, et la société de spectacle dans laquelle nous vivons, où chacun tient son rôle, porte un masque, et juge sans savoir, éclater. Une société, individualiste, étroite d’esprit, étriquée, à l’image de Bobby Dick, fonctionnaire ennuyeux, engoncé dans son costume, dont la raideur du code civil semble guider la vie…

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CRITIQUE de Cahterine Makereel

« Caramba ! Impossible de décider sur quel pied danser avec cette « Gêne du clown » de Stanislas Cotton. Dubitative sur l’hystérie générale de la mise en scène, on n’est pas restée indifférente au malaise que provoque ce règlement de compte sur fond d’inceste et de jeunesse gâchée. Lassée par le jeu outré, désarticulé, de comédiens grimés comme de cyniques Joker, et déconnectée de toute émotion face à ces personnages hypertrophiés, on reste néanmoins hantée par les questions – et les réalités cachées – qu’ils déterrent courageusement. Bref, on n’a pas tout aimé chez ces tristes clowns d’un spectacle ô combien scabreux, mais la gêne que provoque en nous leur traitement sans fard de l’inceste en fait forcément une pièce précieuse… »

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Orphéon Le Public

 

Au Théâtre du Peuple de Bussang – Août 2013

Les Dernières Nouvelles d’Alsace – Août 2013

France Info – Août 2013